------------------------------
L'IDÉE
------------------------------
La version 1 garantit 1 MW pendant 7 h par jour, mais seulement si le vent ou le soleil de la veille ont rempli le bassin haut. La version 2 supprime cette dépendance : un ruisseau de versant situé au-dessus du bassin haut y déverse en permanence 200 à 300 L/s par simple gravité. Le bassin se remplit tout seul 365 jours par an, la turbine tourne chaque soir quelle que soit la météo, et le vent et le photovoltaïque, libérés du pompage, sont vendus en direct.
Ce n'est pas une centrale au fil de l'eau qui détourne une rivière : on prélève 20 à 30 % du module d'un ruisseau ordinaire, 70 à 80 % restent dans le lit, et l'eau turbinée est restituée au même ruisseau en aval de l'usine. C'est le principe des STEP mixtes comme Grand'Maison, à l'échelle d'un ruisseau. Le dossier environnemental reste léger : pas de barrage, pas de dérivation longue, prélèvement partiel avec arrêt automatique en étiage.
------------------------------
1. LE PRÉLÈVEMENT
------------------------------
* Ruisseau de versant au-dessus du bassin haut, module 1 m³/s, c'est-à-dire un torrent de moyenne montagne ordinaire.
* Prélèvement de 200 L/s en moyenne (300 L/s si l'hydrologie le permet), soit 20 à 30 % du module. Le débit réservé légal est d'au moins 10 % du module ; on en laisse 70 à 80 %.
* Prise d'eau par un seuil de 30 cm, grille à poissons, décanteur, puis rigole ou conduite gravitaire de 500 m à 1 km vers le bassin haut.
* Arrêt automatique du prélèvement sous un seuil d'étiage mesuré en continu.
* Restitution au ruisseau en aval de la turbine. Le seul impact est le tronçon court-circuité, qui garde 70 à 80 % de son débit.
* Trop-plein du bassin haut vers le ruisseau aval, déversoir dimensionné pour la crue décennale. Bassin haut porté à 30 000 m³ si le terrain le permet : 10 h de production à 1 MW.
* Une année de mesures de débit mois par mois avant d'investir, vérification du classement du cours d'eau (un ruisseau en liste 1 interdit tout nouvel ouvrage) et des espèces protégées sur le tronçon.
------------------------------
2. CE QUE 200 À 300 L/S CHANGENT
------------------------------
* Énergie gratuite : 1000 × 9,81 × 0,2 × 160 × 0,88 ≈ 276 kW en moyenne, soit 2,4 GWh par an à 200 L/s et 3,6 GWh à 300 L/s.
* Remplissage : 17 300 à 26 000 m³ par jour, soit 85 à 100 % du bassin chaque jour sans pompage. Le pompage tombe de 3,4 à 0,3 GWh par an.
* Le vent et le photovoltaïque libérés sont vendus en direct : plus 2,5 GWh par an.
* La turbine tourne à 1 MW pendant 7 h chaque soir, 365 jours par an. C'est la garantie que le réseau paie.
* En étiage sévère (50 L/s), le ruisseau remplit encore 20 % du bassin ; la pompe et le biogaz couvrent le reste.
* Les béliers hydrauliques trouvent enfin un vrai débit : installés sur la prise d'eau, ils remontent 5 à 10 L/s au-dessus du bassin pour l'irrigation ou un hameau, sans électricité.
* La trompe hydraulique reçoit 200 à 300 L/s supplémentaires en continu et passe de 25 à 40 kW d'air comprimé.
Pour 4 % d'investissement en plus, on gagne 22 à 27 % de production et on supprime 90 % du pompage. Rien d'autre sur le site n'approche ce rapport. C'est le meilleur euro dépensé du projet.
------------------------------
3. LE RESTE DU SITE
------------------------------
Identique à la
version 1 : 160 m de chute sur friche ou carrière, deux bassins en géomembrane, bassin haut froid et couvert, Pelton 1 MW et pompe 1,4 MW à vitesse variable, éolienne 4,5 MW sur mât de 100 m, photovoltaïque standard 1 MWc sur trackers, photovoltaïque hybride Mcold 0,5 MWc pour la chaleur, photovoltaïque flottant 0,6 MWc, cogénération biogaz 100 kW, micro-ORC, trompe, chambres à membrane, béliers, multipale, pavillon Owater, drainage pluvial.
------------------------------
4. BILAN COMPARÉ (EN SÉRIE DE 10 MODULES)
------------------------------
| Indicateur | Version 1 | Version 2 (300 L/s) |
| Électricité vendue | 16,25 GWh | 20,65 GWh |
| dont pilotable garantie | 2,5 GWh selon météo + 0,9 biogaz | 3,8 GWh toute l'année + 0,9 biogaz |
| Pompage annuel | 3,4 GWh | 0,3 GWh |
| Chaleur vendue | 1,1 GWh | 1,1 GWh |
| Investissement en série | 11,7 M€ | 12,2 M€ (prise d'eau, conduite gravitaire, décanteur, passe à poissons : +0,5 M€) |
| OPEX | 0,25 M€ | 0,27 M€ |
| Recette nette annuelle | 1,52 M€ | 1,95 M€ |
| Temps de retour simple | 7,7 ans | 6,3 ans |
| LCOE, financement privé 4 % sur 30 ans | 57 €/MWh | 47 €/MWh |
| LCOE, financement public 3 % sur 35 ans | 49 €/MWh | 41 €/MWh |
| À l'unité, hors série | 9,6 ans, 68 €/MWh | 7,8 ans, 56 €/MWh |
Hypothèses : électricité 0,09 €/kWh, prime de capacité et flexibilité 0,25 à 0,30 M€, chaleur 0,05 €/kWh, vent moyen 6,5 m/s à 100 m.
------------------------------
5. LES LEVIERS QUI FONT LE LCOE
------------------------------
Dans l'ordre d'importance, ce qui fait passer le coût du MWh de 77 € (version 1 à l'unité, ancienne éolienne de 3 MW) à 41 € :
* L'éolienne de 2026 : 4,5 MW sur mât de 100 m au lieu de 3 MW sur 50 m. Le vent à 100 m est 30 % plus fort et la puissance suit le cube : 13,5 GWh au lieu de 8,4 pour 35 % de coût en plus. C'est le levier le plus puissant du site.
* Le site réutilisé : une carrière avec plan d'eau et poste HTA existants économise 1,5 M€.
* Le financement : une régie, une collectivité ou un projet citoyen emprunte à 3 % sur 35 ans quand un développeur privé emprunte à 6 % sur 20 ans. Même centrale, 10 €/MWh d'écart.
* La série : au dixième module identique (mêmes plans, même Pelton, même dossier type), le coût baisse de 20 %.
* Le ruisseau : 0,5 M€ pour 3,6 GWh gratuits et la garantie 365 jours.
* Le photovoltaïque standard partout où la chaleur n'est pas vendue, le PVT coûtant 40 % de plus.
Les mécanismes passifs n'y sont pour rien : ils rendent le site plus robuste et plus simple à expliquer, pas moins cher. La page le dit tel quel.
------------------------------
6. POURQUOI CETTE VERSION EST LA BONNE POUR UN PROTOTYPE
------------------------------
Elle démontre tout : le stockage, le lissage, la garantie indépendante de la météo, la cogénération, les auxiliaires passifs. Elle reste sous 50 €/MWh en financement privé et sous 45 en public, c'est-à-dire au niveau de l'éolien et du solaire neufs tout en vendant du pilotable, qui se paie 20 à 40 % au-dessus du prix moyen. Et son impact sur le cours d'eau est celui d'une prise d'eau de 30 cm. Ce sont des chiffres défendables devant la CRE ou une collectivité.
------------------------------
7. POINTS DE VIGILANCE
------------------------------
* Le débit du ruisseau est à mesurer sur une année complète avant toute décision. Un torrent peut passer de 500 L/s au printemps à 30 L/s en septembre.
* Le classement du cours d'eau et la continuité écologique conditionnent l'autorisation au titre de la loi sur l'eau. Compter 3 à 5 ans d'instruction.
* Si aucun ruisseau n'existe au-dessus du site, une source captée ou un drain de versant de 50 L/s rend déjà 25 % de l'effet.
* Le prix de vente de 0,09 €/kWh est une moyenne de marché qui peut baisser avec la part de renouvelables ; la prime de capacité devient alors la recette qui compte.
------------------------------
SOURCES
------------------------------
Actu-Environnement : cinq projets de stockage retenus par la CRE en Corse
Techniques de l'Ingénieur : Grand'Maison, STEP mixte alimentée par la fonte des neiges
RTE : bilan électrique 2025, prix et heures négatives
Orelni Énergie : la loi hydroélectricité 2026 et les STEP
Ministère de la Transition écologique : continuité écologique des cours d'eau
Wikipédia : bélier hydraulique
Olivier Muhleisen en collaboration avec Claude (Anthropic), octobre 2026. Plans libres de droit, open source.